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Un retour d’expérience enrichissant pour les skippers Macif

Après 18 jours, 9 heures, 36 minutes et 17 secondes, Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) et Erwan Le Draoulec (Skipper Macif 2020) ont franchi la ligne d’arrivée de la Transat en Double Concarneau – Saint-Barthélemy lundi 31 mai à 4h36 (heure française). Après une longue bataille face aux 17 bateaux concurrents, aux sargasses, à la fatigue et au manque de confort, les skippers Macif sont arrivés au Port de Gustavia, déçus de leur 11ème place mais heureux d’avoir pu emmener le Figaro 3 de l’autre côté de l’Atlantique pour sa première traversée océanique.

Un bilan général positif

Pierre Quiroga et Erwan Le Draoulec ont bouclé leur première transatlantique ensemble. Au-delà de l’aspect performance qui n’a pas coché toutes les cases qu’ils souhaitaient remplir, les skippers Macif sont satisfaits de leur binôme, de leur fonctionnement à bord et du travail qu’ils ont pu accomplir ensemble jusqu’à Saint-Barthélemy. Malgré la déception du résultat, ils retiennent de cette première expérience commune la joie d’être retournés sur l’Atlantique pour l’un et la frustration de n’avoir pas assez profité de sa première traversée pour l’autre. Erwan le Draoulec indique : « Je retiens plein de belles choses sur cette transat. Le dénouement final n’est pas celui espéré, je croyais qu’on allait gagner. J’étais confiant dans notre option nord, surtout que nous avions pris la tête du groupe. La seule déception est de ne pas être passés en tête à l’approche des côtes. On a emmené les vainqueurs qui nous ont suivis dans notre route nord à la victoire et c’est une belle passe décisive ! On voulait un résultat et on a mis l’accent là-dessus, alors notre objectif de performance n’est pas atteint. C’était la première transatlantique de Pierre et je suis content de l’avoir faite avec lui. A 24 ans, j’en suis déjà à ma 3ème traversée de l’Atlantique et j’aime toujours autant cela. On a vu tellement de beaux ciels, notamment le long des Canaries, et humainement je n’ai rien à dire, c’était une expérience au top ! ». Pierre Quiroga confirme : « Cette transatlantique était une expérience géniale sur le plan humain avec plein de découvertes. Nous nous sommes régalés avec Erwan, on était dans le match une grosse partie du parcours et ça fait plaisir ! Ça ne s’est malheureusement pas terminé comme je l’espérais. On méritait une meilleure place avec la course qu’on a faite et les bonnes options qu’on a prises. Pour ma première, j’ai découvert les cartes satellites, la navigation avec les sargasses aussi. Ce n’est pas évident d’allier découverte et performance, j’en suis maintenant pleinement conscient. J’ai vu de la mer bleu turquoise, des horizons magnifiques mais je suis assez déçu de n’avoir vu aucun être vivant. Au milieu de l’Atlantique, c’est le no man’s land ! Aucun mammifère marin, aucun pêcheur, aucune bouée et c’est nouveau pour moi de mettre le pilote automatique sur le bateau sans m’inquiéter d’une quelconque rencontre. »

 

Une bataille de tous les instants

En solitaire, le facteur sommeil reste incontestablement le plus difficile à gérer sur la durée. En duo, les skippers Macif se sont organisés en faux solo, persuadés que ce rythme serait suffisant pour rester efficaces et lucides pendant presque 20 jours. C’était sans compter sur le manque de confort du Figaro 3, qui s’est révélé être peu propice au sommeil régénérateur et au ménagement physique et moral. Mais ce qui a fait le plus défaut au tandem sur cette course, ce sont les algues et la météo. En effet, les sargasses, bancs d’algues brunes que l’on retrouve aux Antilles, ont mis les nerfs du binôme à rude épreuve face à la perte de vitesse qu’elles pouvaient engendrer. Les grains de ces dernières nuits ont aussi joué dans la perte de vitesse du Figaro 37, qui s’est fait doubler par des concurrents qu’il ne redoutait plus, et qui s’est retrouvé impuissant face à la situation. Erwan Le Draoulec explique : « Le plus difficile durant cette petite vingtaine de jours a été la gestion des algues qui nous ont énormément freiné dans la vitesse qu’on avait acquise depuis La Palma. Aussi, les grains de ces derniers jours ne nous ont pas permis de suivre Quéguiner-Innoveo (les 2èmes du classement général) et nous ont fait sortir du top 10. Au-delà de ces aléas, nous avons bien géré notre repos, on a tout donné et y avons vraiment mis du nôtre pour être les plus endurants possibles. La seule raison pour laquelle j’hésiterais à revenir, ce sont les algues et les conditions à bord du Figaro 3 qui restent très rudes ». Pierre Quiroga souligne : « Je suis très fatigué physiquement. Quand je gagne des courses, je ne mets pas autant d’énergie que durant ces 18 jours. On ne se rend pas compte que le double peut être aussi difficile que le solo. Pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais passé plus de 10 jours en mer, c’est difficile de concilier l’affectif envers l’autre tout en pensant à se préserver soi-même pour aller jusqu’au bout. Je n’y retournerai pas tout de suite, en Figaro 3 en tout cas ! C’est un support trop difficile pour le confort du skipper même si l’expérience acquise est très riche. »

 

Hans Roger, Directeur des Activités Mer de la Macif :

« Je tiens tout d’abord à souligner que le maintien de cette course est une très belle chance et une première victoire face à toutes les contraintes que nous connaissons, qu’elles soient sur le continent ou aux Antilles.

La Transat s’est très bien déroulée ; Pierre et Erwan ont fait un beau parcours et ont atteint leur objectif premier qui était d’emmener le bateau de l’autre côté, avec quelques petits soucis techniques inévitables en course au large, mais sans casse majeure.

Ils se sont inscrits dans le peloton de tête une grande partie de la course, ce qui est synonyme d’un duo solide et d’un bateau bien préparé qui réalisait pourtant sa première traversée de l’Atlantique. Tout le monde attendait le Figaro 3 au tournant, et il rend une parfaite copie en termes de performance et de robustesse dans toutes les conditions, malgré son manque de confort qui s’est avéré difficile à vivre pendant 18 jours.

Tenir la distance sur ce type de parcours est compliqué. La technique, la fatigue, les aléas météorologiques et la part de réussite que les marins peuvent rencontrer forment une alchimie qui conduit à la victoire et qui créée une belle course.

Nos skippers Macif font une belle première partie de transat dans des conditions difficiles jusqu’aux Canaries, ils ont largement tenu leur rang dans le paquet de tête. Ils passent ensuite le waypoint de La Palma avec beaucoup d’hésitations, mais toujours dans le bon groupe. Après une belle réflexion qui les a menés vers l’option nord et qui s’est révélée être la bonne, ils se sont retrouvés en queue de peloton à cause de certains choix stratégiques qu’ils ont pris et qui n’ont pas été validés, d’une part avec la météo, et de l’autre avec la réussite qu’ils n’ont pas eue. Les algues ont également beaucoup handicapé nos marins, à l’instar d’autres concurrents. Ils se sont ainsi retrouvés à l’arrière du groupe vainqueur, c’est certes une frustration mais c’est aussi ça, la beauté des grandes courses.

Cette Transat en double était une première pour Pierre Quiroga qui découvrait l’aventure. La filière Skipper Macif sélectionne tous les 2 ans des marins talentueux, les accompagne dans la gestion de projet et dans la performance en course au large, ce sont deux valeurs que nous défendons avec conviction. »

Retrouvez les réactions de Pierre Quiroga et Erwan Le Draoulec lors de leur arrivée à Saint-Barthélemy :

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