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Le trimaran MACIF dans une nouvelle dimension ?

Débuté début janvier, le chantier d’hiver du trimaran MACIF est essentiellement axé sur la performance, avec l’objectif de permettre au bateau de François Gabart de franchir un cap et de rivaliser avec les Ultims de dernière génération. Allègement, travail aérodynamique et nouveaux appendices occupent depuis plusieurs mois le quotidien de l’équipe du trimaran MACIF, mais également des nombreux intervenants extérieurs réunis sur ce chantier.

Mis à l’eau le 18 août 2015, le trimaran MACIF a permis en un peu plus de deux ans à François Gabart de considérablement enrichir son palmarès : victoires sur la Transat Jacques Vabre, sur la Transat anglaise et sur The Bridge jusqu’à l’exploit de la fin d’année 2017 où il établit le nouveau record du tour du monde en solitaire (42j 16h 40min 35s). Le Charentais et son équipe n’étant pas du genre à se reposer sur leurs lauriers, ils ont commencé dès l’automne 2016 à réfléchir aux évolutions possibles sur le bateau de 30 mètres, conscients que la sortie en 2017 de deux nouveaux maxi-trimarans à foils, le Maxi Edmond de Rothschild (en juillet) et le Maxi Solo Banque Populaire IX (en octobre), allaient changer la donne.

Nous savions que nous aurions besoin d’une mise à niveau importante pour pouvoir jouer avec les Ultims de nouvelle génération.

« Nous savions que nous aurions besoin d’une mise à niveau importante pour pouvoir jouer avec eux, confirme Antoine Gautier, responsable du bureau d’études de MerConcept, la société de François Gabart. Notre premier travail a été de voir si ces évolutions étaient réalisables. Après, seulement, nous avons commencé à plancher sur les détails du chantier et à bâtir un cahier des charges ». Ce cahier des charges a défini plusieurs axes d’amélioration du bateau (allègement, aérodynamique, nouveaux appendices), ils ont été ensuite mis en œuvre par le bureau d’études qui a été renforcé pour l’occasion par les arrivées de Gwénolé Bernard et Stéphane Chatel, deux ingénieurs arrivés de Groupama Team France qui travaillent sur les nouveaux systèmes intégrés au bateau. Le cabinet d’architectes VPLP, qui a conçu MACIF, et la société GSea Design, spécialisée dans le calcul de structures, ont été associés pour les dessins des appendices. « Cette partie bureau d’études est dans sa dernière ligne droite : fin mars-début avril, tout ce travail sera terminé, on s’attaquera alors au bateau suivant », sourit Antoine Gautier.

Si la partie conception touche effectivement à sa fin, la construction tourne quant à elle à plein régime sur plusieurs sites : chez CDK Keroman, à Lorient, pour les modifications sur la plateforme et l’aérodynamique ; à La Rochelle chez C3 Technologies, pour les safrans ; à Port-la-Forêt, où l’équipe technique du trimaran MACIF fabrique les systèmes, puits de foils et casques de safrans, et où le chantier CDK Technologies construit quant à lui les foils. « Nous avons choisi CDK, parce qu’ils ont une très grande maîtrise de tous les travaux en autoclave et parce que nous voulions vraiment être proches géographiquement pour pouvoir vérifier toutes les étapes de fabrication. J’y suis une à deux fois par jour, c’est vraiment important », explique Nicolas de Castro, chargé de la coordination technique du chantier, qui passe sans cesse d’un site à l’autre pour s’assurer que processus de fabrication et délais soient bien respectés.

 

On se retrouve face à des contraintes qui avaient été fixées au début et dont il faut tenir compte.

Il dirige par ailleurs l’équipe technique du trimaran MACIF qui a également dû être renforcée, avec le recrutement en CDD de quatre « boat-builders » (un cinquième est recherché), soit au total une dizaine de personnes qu’il « faut alimenter en plans, en procédés de fabrication et en moules pour qu’ils puissent faire les pièces », ajoute Nicolas de Castro. Ce dernier reconnaît par ailleurs qu’un tel chantier est par certains aspects « un peu plus compliqué » que lorsqu’on construit un bateau de A à Z : « C’est un peu comme en architecture du bâtiment, on se retrouve face à des contraintes qui avaient été fixées au début et dont il faut tenir compte. On ne peut pas tout défaire, il y a des arbitrages pas évidents à faire ».

 

Débuté en janvier, ce chantier important d’optimisation se terminera en juin avec la mise à l’eau d’un bateau dont les performances devraient être nettement supérieures à celles enregistrées en 2017. Des chiffres ? « On a une idée, mais on n’en donnera pas car on a du mal à y croire, le gain est colossal. A priori, ce ne sera plus le même MACIF, mais une nouvelle plateforme dont il faudra réapprendre à se servir. Après, ce serait quand même bien qu’il garde ses bons côtés, à savoir sa fiabilité et le fait de gagner des courses », conclut Antoine Gautier dans un sourire.

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