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trimaran MACIF : l’option qui donne du piment

Après 23 jours de course, le trimaran MACIF est troisième de la Brest Atlantiques dont l’arrivée est prévue dans un peu plus d’une semaine à Brest. Le sel, c’est François Gabart et Gwénolé Gahinet qui l’ont posé sur la table en tentant une remontée de l’Atlantique par l’ouest, tandis que les deux leaders ont opté pour une route très orientée nord sitôt franchie la dernière marque du parcours, à Robben Island. Tant mieux : le jeu reste ouvert !

 

 

Jeudi dernier, François Gabart, Gwénolé Gahinet et Jérémie Eloy quittaient Cape Town après un second pit stop technique, avec quelques centaines de milles de retard sur le leader de la Brest Atlantiques, le maxi Edmond-de-Rotschild et sur le deuxième, Actual Leader. Si, une semaine plus tard, les positions et les écarts n’ont pas changé, les routes, elles, ont connu des variations très importantes. Car tandis que les deux premiers optaient pour une route très nord, après deux jours de louvoyage le long des côtes africaines, le trimaran MACIF, lui, optait pour une grande traversée de l’Atlantique sud, d’est en ouest. Un choix stratégique dont François Gabart entend récolter les fruits dans les prochaines 48 heures, et qu’il commentait aujourd’hui lors d’une vacation, au 23e jour de course.

 

François, vous jouez à fond l’option plein Ouest depuis samedi. Où en êtes-vous, à bord du trimaran MACIF, ce jeudi, après 23 jours de traversée ?

François Gabart : « On a traversé le front de l’Atlantique Sud en deux fois. La première, c’était il y a 36-48 heures, pour aller chercher du vent plus fort avec un meilleur angle ; la seconde, c’était cette nuit, on a retrouvé l’alizé classique, dans lequel on évolue actuellement. Partir plein Ouest était une stratégie différente, plus compliquée à mettre en œuvre, et je pense qu’elle est toujours la plus rapide. Ça s’est plutôt bien passé dans la première partie de la nuit, puis on est resté collé sous un nuage. On a un peu perdu de la distance, mais on est à nouveau à fond les ballons, à pleine vitesse. Actuellement (à 12h) on est entre 28 et 30 nœuds, sous gennaker, ce qui a priori est plutôt bon par rapport aux prévisions. »

On a un peu perdu de la distance, mais on est à nouveau à fond les ballons, à pleine vitesse.

Les écarts semblent conséquents (800 milles au premier, 300 au deuxième environ), mais sont-ils pour autant significatifs ?

F. G. : « Oui et non. On a un meilleur angle que nos concurrents pour avancer vers le Nord. Dans les 24 à 48 heures, on espère pouvoir revenir sur Actual Leader, voire le doubler si on en croit les routages. On espère éventuellement se rapprocher de Gitana, qui va passer bientôt le Pot-au-noir et entrer dans l’alizé de l’Atlantique nord. On n’est pas exactement dans le même système météo, mais on est satisfait de notre option. Je reste prudent à l’abord du pot au noir, mais c’est pour nous le meilleur choix pour revenir le plus vite possible sur Gitana. »

Vous pouvez ambitionner jouer la première place ?

F. G. : « On regarde toujours devant, même si Gitana a une avance confortable. On fait tout pour revenir sur eux, alors qu’ils vont traverser le Pot-au-noir, zone toujours aussi difficile à lire. Il paraît plutôt facile en ce moment, mais Franck (Cammas) et Charles (Caudrelier) attaquent dans l’Est, zone réputée plutôt plus difficile (que l’Ouest). C’est une prise de risque, on verra comment ça se passe, et comment cela évolue. Avec ces trimarans, les écarts peuvent se rattraper très rapidement ; c’est pour ça qu’on y croit à bloc ! Il peut encore se passer plein de choses, avec les milles qu’il reste à parcourir et les conditions difficiles qu’on peut rencontrer dans l’Atlantique Nord. Et puis les problèmes techniques peuvent survenir, même pour nous, et c’est pour cela qu’on reste très vigilant. On ne souhaite à personne des soucis, évidemment, mais si cela devait survenir, on doit avoir su se mettre en position d’en profiter. »

On regarde toujours devant !

Vous n’êtes pas seuls dans vos choix puisque vous pouvez être routé depuis la terre.

F. G. : « On n’est pas tout seul pour la stratégie, en effet. Il y a l’équipe de Jean-Yves Bernot, du côté de La Rochelle, pour nous guider. Juste avant la vacation, on hésitait entre deux voiles, et on en discutait avec lui. C’est un travail permanent avec eux. A bord, on se concentre sur le court terme, les choix de voile, la trajectoire des prochaines heures, pendant qu’à terre, ils travaillent sur le long terme, actuellement sur l’arrivée et les différents scenarii possibles en Atlantique Nord. Les routeurs à terre permettent des données qu’on ne peut pas obtenir en mer. Ils analysent en amont pour qu’on puisse avoir les informations les plus simples et les plus claires à bord du bateau. »

 

L’ETA, l’heure estimée d’arrivée, s’affine au fil des jours ?

F. G. : « On est à peu près sur une arrivée en fin de semaine prochaine. Ce sera jeudi dans un scénario très optimiste, vendredi probablement… et dans le week-end si les conditions se dégradent. »

Pensez-vous que vos concurrents ont pu être marqués par votre option ?

F. G. : « Je ne sais pas si on marque nos concurrents : ils sont solides ! Ils nous surveillent, forcément. C’est peut-être plus compliqué pour eux de savoir comment se situer par rapport à nous, avec un tel décalage. Laisser du doute chez l’autre, c’est ce qu’on cherche à faire en permanence. On a créé un décalage, il faut maintenant qu’on en tire les bénéfices en prenant de la vitesse, en doublant Actual Leader dès qu’on pourra et essayant d’être dans une position qui laissera nos concurrents dans le doute jusqu’au bout. »

Quel serait le scénario idéal, pour vous ?

F. G. : « (il réfléchit, s’amuse…) Ce serait que Gitana s’arrête dans le Pot-au-noir pendant 48 heures et qu’on s’y regroupe. Ce qui serait parfait, ce serait qu’on reparte à trois bateaux en trois longueurs, et qu’on se lance dans une super course de vitesse pendant une semaine, se battre jusqu’au bout, jusqu’à la dernière minute bord à bord… mais avec le trimaran MACIF en tête sur la ligne ! Ça nous irait bien… »

Physiquement, les marins vont bien ?

F. G. : « La fatigue s’accumule, mais on arrive à bien gérer. Quand on bricole, quand il y a des soucis techniques, on se met un peu dans le rouge puisque cela se greffe sur le temps consacré à se reposer. C’est arrivé pas mal de fois depuis le départ, mais on est plutôt en forme, sur un rythme qui nous permet de nous reposer dès qu’on peut. On est au taquet pour attaquer la fin de parcours ! »

Et le bateau ?

F. G. : « Le bateau va bien. On aimerait qu’il aille encore mieux ! On ne va pas cacher qu’on a eu plusieurs problèmes, comme sur le plan porteur de la dérive depuis avant Rio, ce qui a eu des conséquences assez importantes sur les vitesses du bateau. »

Après trois semaines de course, le trio a trouvé ses routines ?

F. G. : « Cette vie à trois donne un bon tempo, c’est bien ! On arrive à se comprendre, à se relayer, à partager les infos. Je suis content et très fier de cette équipe, et de notre fonctionnement très efficace. Il faut continuer à le faire fonctionner jusqu’au bout, le faire progresser encore parce qu’on apprend tous les jours sur ce bateau. C’est vraiment une réussite ».

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