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Si chers petits pas… 

Même si ces dernières journées ont été aussi longues que les autres, mais que la route parcourue a été plus courte, François Gabart tient toujours des cadences exceptionnelles. Le champ de mine au large du Brésil est effacé, place aux alizés. Une nouvelle séquence de vitesse s’ouvre tandis que le trimaran MACIF compte toujours plus de 1600 milles davance sur le record.

 

Point course en bref  : 

  • 376 milles parcourus en 24 heures
  • Chic, les alizés !
  • L’équateur prévu dimanche midi

Ce qu’il y a de bon, avec ces eaux au large du Brésil, c’est qu’on n’est jamais surpris. Une fois de plus, comme d’habitude, comme toujours, les quelques centaines de milles qui précèdent le retour dans la zone des alizés de l’hémisphère sud ressemblaient à l’appartement d’un vieux célibataire au cœur de l’automne. Humeur dépressionnaire, caractère très lunatique font paire avec une mer vraiment pas rangée et des vents capricieux. Cahin-caha, François Gabart est parvenu à s’extirper de la situation rendue pénible par le passage plus long que prévu d’une dépression. La copie est propre :  dans ces vents d’ouest et cette mer rendue bien moche, le trimaran MACIF a filé à 16,4 nœuds au cours des dernières 24 heures. Un moindre mal tandis que l’horizon s’éclaircit.

 

Car ce qu’il y a de bon avec les alizés de l’hémisphère sud, c’est qu’ils nettoient la mémoire des moments pénibles d’un bon coup de balai, appliqué, constant, régulier et invariablement orienté ouest. Le trimaran MACIF a repris de la vitesse ce vendredi midi, affichant régulièrement plus de 20 nœuds, avec un ris dans la grand-voile, le J2 à poste, et les étraves tendues droit vers l’équateur.

Dimanche, à l’heure du gigot et des mogettes, François Gabart devrait quitter les plaisirs exotiques pour retrouver les délices domestiques de l’hémisphère nord… et des situations plus ou moins amusantes à gérer. Une fois que les Açores se seront dessinées à l’horizon, il lui faudra ôter de nouveau sa casquette de chef d’escadrille, enfiler les croquenots boueux pour se muer en fantassin et défendre pied à pied, mille après mille, l’objectif magnifique qu’il s’est fixé, et le chrono inouï que les routages lui promettent.

 

Mental gagnant 

 

C’est finalement en écoutant un marin qu’on comprend les footballeurs. L’essentiel c’est les trois points ? Il faut prendre les matches les uns après les autres ? En mer, le combat est similaire : ne jamais vendre la peau de l’ours blanc de l’Antarctique – qui n’existe pas – avant de l’avoir dépassé ; ne jamais méjuger une zone de convergence intertropicale, quand bien même elle s’annoncerait compréhensive avec la fatigue du solitaire. Ne jamais penser que parce qu’on est aux Açores, on est déjà rentré. « Je prends les choses de la manière la plus simple, confirmait ce matin François. Je prends les heures une à une, je compile les jours, je remplis chaque objectif. Il y a toujours quelque chose à faire à bord, avec un objectif fixé à une échéance de quelques heures. La nuit dernière, c’était bien agité, j’ai dû enchaîner les virements. Tu exécutes, tu restes concentré sur l’instant. De toute façon, tu n’as pas trop le choix »

 

Oui, certes, mais après 34 jours pleins de mer, que regarde-t-on ? Le temps écoulé, l’avance qui accroît, les jours de mer qu’il reste à endurer ? « Si tu regardes la carte et que tu voies où tu es, en notant le chrono, tu réalises que c’est une chance énorme d’être là dans ce timing. Ça fait du bien de sentir que tu te rapproches de larrivée dans un temps qui est… très correct. Ça motive, oui, parce que tu sais que chaque journée écoulée, chaque galère réglée, c’est ça en moins ». A 10, 11 ou peut-être 12 jours d’une arrivée prodigieuse à Ouessant, oui, le marin regarde devant.

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