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Pierre Quiroga signe un doublé, les skippers Macif maintiennent leurs positions au classement général

Ce jeudi 9 septembre, après 3 jours, 23 heures, 59 minutes et 54 secondes de course, Pierre Quiroga a signé une deuxième victoire d’étape sur cette Solitaire du Figaro 2021 à Roscoff. Un objectif déjà atteint lors de la précédente étape à Fécamp que le skipper Macif 2019 n’avait pas la prétention d’envisager de nouveau mais qui conforte sa première place au classement général avec 1h53 d’avance sur Xavier Macaire.

Quant à Erwan le Draoulec, il termine 13e de cette 3e étape satisfait de son classement et des concurrents qu’il a su laisser derrière lui.

 

Une étape difficile pour le mental

 

 

Comme les skippers Macif l’avaient annoncé avant le départ, cette 3e étape de 624 milles s’est avérée très aléatoire tant au niveau des conditions météo que des courants rencontrés. De quoi occasionner quelques retournements de situation et des évolutions au classement qui auront mis à mal le moral de Pierre et Erwan tout au long du parcours. C’est donc satisfaits de leurs performances respectives qu’ils livrent leurs émotions à l’arrivée.

Pierre Quiroga : « Le point sur lequel je suis le plus fier est de ne pas avoir changé d’état d’esprit entre le départ de Saint-Nazaire et celui de Fécamp. Entre les deux, je fais 2 podiums, une deuxième place et une victoire, je suis en tête du classement général et je me retrouve très sollicité à ce sujet. J’avais vraiment peur de ne pas réussir à faire une course libérée. Finalement, ça n’a jamais été le cas. Dès le départ du parcours, j’ai pris mon rythme, et j’ai fait ma propre trajectoire jusqu’à l’arrivée. J’ai fait des erreurs, des grosses bêtises même, mais j’ai aussi très bien navigué pour compenser. Ce dont je suis très fier aussi, c’est mon option ouest entre Longships et l’île Lundy tout seul, mon palpitant était au maximum à me demander si ça allait passer ou non. C’est ça que j’aime dans la voile, je ne veux pas écraser mes concurrents, je veux juste proposer quelque chose de différent et l’assumer et quand ça marche, c’est dingue ! Ça fait 3 fois que ça marche, j’espère que ça ne va pas s’arrêter.

En comparaison, la 2e étape était vraiment physique avec très peu de sommeil, elle était plus dure mentalement. Mais émotionnellement, cette victoire inattendue sur la 3e étape est plus belle parce qu’elle s’est construite au fur et à mesure de la course. Il y a eu des « up », puis des « down », c’était difficile de garder le moral dans ces conditions peu agréables mais au final, l’histoire se termine bien à Roscoff ».

Erwan Le Draoulec: « Cette 3e étape était dingue car il s’est passé plusieurs courses en une. J’ai pris un super départ, ecnchaîné avec un super début de course, puis une descente au portant très tactique avec plein de coups à jouer.  J’avoue ne pas avoir tout compris mais j’ai réussi à sauver les meubles en arrivant à la pointe anglaise. Le courant était compliqué à ce niveau-là, j’ai donc pris une option au large de la côte, contraint par le vent, qui m’a fait perdre beaucoup de places à Lundy. À Saint-Gowan, il y a eu un bord rapide sous spi. C’est une allure où je sais aller très vite parce que quand ça glisse et qu’il faut jouer avec le vent comme au surf, c’est vraiment mon truc ! Heureusement pour moi que ces bords existent, ça m’a permis de transpercer la flotte et je suis déçu que ça se soit arrêté là ! On a ensuite dû tricoter aux Scilly, le courant était contre nous et nous avions une zone interdite qui a rendu la tâche difficile mais je m’en sors bien en 8e position. J’ai essayé de pas prendre trop de risque, Eric Peron a pris les devants en faisant un petit décalage auquel j’avais pensé, j’étais forcément énervé de ne pas avoir agi. La dernière nuit a aussi été complexe dans du vent très léger, j’ai beaucoup subi comme à peu près tout le monde. »

 

Le classement général maintenu

 

Après cette nouvelle étape, les skippers Macif maintiennent leurs positions au classement général provisoire. En tête de classement, Pierre Quiroga garde à ce jour une avance d’1h53 sur son dauphin et Erwan Le Draoulec se retrouve à 11 minutes du top 10. Deux belles places qui ne signifient pas que tout est joué pour le classement général final mais qui assurent de leur combativité avant l’ultime étape de la course. Pierre Quiroga indique :

« Je me refuse de penser au classement général car par expérience, je sais qu’il ne faut pas que je change mon état d’esprit. J’ai juste besoin de naviguer comme je le fais en ce moment. J’étais venu pour une belle place au général et elle le sera quoi qu’il se passe. C’est écrit dans tous les papiers, pour gagner une étape de Solitaire, il faut que les étoiles soient alignées. J’ai pris plus de temps pour moi avant cette Solitaire du Figaro, ma préparation a été différente. J’étais moins prêt physiquement mais je suis enfin moi-même. Je suis sur mon petit nuage, je flotte et je vois où ça me mène. J’ai la force de caractère de me dire que je vais naviguer comme il me plaît. Je trouve enfin les raisons pour lesquelles je peux gagner, j’ai eu des soucis sur les épreuves de début de saison mais je pense que j’étais capable de gagner chaque course cette année si les étoiles étaient alignées. Je ne cherche plus à comprendre, j’encaisse et je prends tout ce qui est bon à prendre. L’équilibre est complexe, il faut rester soi-même dans des moments où on est forcé de réfléchir. Il faut réussir à s’appuyer sur l’équipe notamment qui me permet de penser que tout est normal. Maintenant, que la fête continue ! »

Erwan Le Draoulec, heureux des écarts qu’il creuse au général avec ses concurrents directs ajoute :

« Cette 13e place est positive. Au classement général, je me maintiens 12e car beaucoup de ceux avec qui je jouais sont derrière moi donc je m’en sors bien. J’ai maintenant hâte de me reposer, je suis moins marqué physiquement mais mentalement, je rejoins Pierre, c’était très dur de se voir passer de la tête à la queue de peloton. Il faut s’avoir se retenir, ne pas s’énerver. Se dire que tout ce qu’on a fait pendant 2 jours peut s’écrouler, c’est perturbant mais c’est le jeu. On vit des moments uniques qui sont difficiles à comprendre et c’est long, 4 jours sans voir personne. On se bat contre soi-même avant de se battre contre les autres. Il y a tellement de niveaux dans la flotte, c’est fou qu’on arrive aussi serrés. C’était une étape incroyable ! »

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