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Nouvelles du bord : Rien n’est encore joué !

Plus que 1 000 milles avant d’atteindre la ligne d’arrivée à Saint-Barthélemy ! Les skippers Macif ont fait le choix stratégique de prendre l’option la plus au nord de la flotte et de s’éloigner des leaders, partis au sud. Une bonne décision d’après les routages ce matin qui annoncent un resserrement des écarts entre les sudistes et les nordistes. Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) et Erwan Le Draoulec (Skipper Macif 2020) continuent de batailler contre leurs concurrents, mais aussi contre les sargasses et un petit casse-tête météo qui ne leur laisse que peu de répit. Explication de Pierre Quiroga : 

« Un peu plus calme, pas moins compliqué …

 Voilà presque 3 jours que nous retrouvons des conditions de vie moins sauvages à bord du figaro Macif. Le bateau est plus à plat, gérable sous pilote de temps en temps et quasi sec à l’intérieur !

Quand il a fallu prendre la décision d’une route nord ou sud au niveau du waypoint de La Palma, il nous semblait évident que la route « nord » était la plus alléchante. D’ailleurs, d’après les routages GFS, il n’y avait pas d’option possible au sud, et au milieu, cela relevait d’un numéro d’équilibriste. Ces deux derniers jours, le sud retrouve soudainement un alizé et l’intermédiaire bénéficie d’un renforcement du vent local. Nous, au nord, on tente tant bien que mal de faire bonne figure.

Ce qui semble acquis aujourd’hui, à J-6 de l’arrivée, c’est que rien n’est encore joué et tout reste à faire. C’est à la fois motivant, certainement captivant depuis la terre, mais aussi usant car on se bat comme des fous avec Erwan pour s’extirper du paquet et prendre une avance considérable avec les îles mais le vent nous l’interdit. Petite pensée à Charlie Dalin qui a vécu ça sur le Vendée Globe pendant 90 jours. Ça devient difficile pour le moral à bord, on voit des bateaux qui étaient dans notre axe à 100 milles derrière se rapprocher dangereusement. Nous nous sommes beaucoup donnés en début de course, nos nombreuses siestes journalières de 2 heures nous permettent de tenir debout mais pas forcément de récupérer ni de rester lucides. Il en faudra pourtant, de la lucidité, pour l’atterrissage à Saint-Barth, en sachant que depuis 2 jours, les routages varient entre 2 minutes et 1 heure d’écart entre les 3 routes, et qu’on s’aperçoit qu’en se rapprochant de l’ouest, les nuages sont bien actifs la nuit. On passe encore le tiers de notre temps à enlever les algues, on envoie une corde à nœud toutes les 12 minutes en moyenne, et ça ne va pas aller en s’améliorant quand on se rapprochera des côtes.

Sinon, on peut toujours résumer notre journée à Sea Sail en Surf (bien que petits), ce qui est quand même fort agréable ! Avant-hier, on a pu prendre notre première (et unique ?) douche avec un restant d’eau douce, instant magique ! On a profité de la journée d’hier pour faire un check du bateau et tout semble OK. »

 

Pierre Quiroga, Skipper Macif 2019

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