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Le Ministe qui murmurait à l’oreille du trimaran

Si le trimaran MACIF se retrouve en ce dimanche à 3200 milles de l’arrivée, après 36 jours pleins de mer, c’est aussi l’œuvre de Guillaume Combescure. Ingénieur en charge de l’analyse de la performance et Ministe depuis peu, le Tahitien sait depuis cet automne ce que vit un skipper solitaire en vadrouille à travers les océans.

Au sein du bureau d’études de l’équipe de François Gabart, Guillaume Combescure vit ses penchants numériques. Ses missions : dimensionner les puces et les systèmes, plus particulièrement ceux qui permettent d’analyser les datas du bord, qui recensent les performances du bateau. Puis il les compulse, les ausculte, les met en perspective et livre les données qui vont permettre de savoir pourquoi et comment mieux faire marcher le bateau. « Je pense, dit-il, qu’on est au maximum de ce que peut faire le bateau aujourd’hui. A l’arrivée de la Mini-Transat, j’ai découvert les moyennes que faisait MACIF. Elles sont extraordinaires comparé à ce que pouvait faire le bateau auparavant sur la Transat Jacques Vabre, The Bridge, The Transat bakerly, le retour par l’Atlantique Nord… Quand le trimaran MACIF explose le record des 24 heures en rentrant de New York, il est déjà à 200% de son potentiel. Je pensais vraiment qu’on était calé à une belle hauteur. Et, là, François repart pour un tour du monde et il fait encore mieux… »

 

L’analyse des performances permet de gommer certains défauts, d’optimiser des points forts et de donner des axes de travail pour la quête perpétuelle du dixième de nœud en plus. Ce ne fut pourtant pas la quête principale qui a mené le chantier entre la fin de The Bridge, que Guillaume a couru fin juin en tant qu’équipier sur le trimaran MACIF. Il s’est contraint à ne rien changer d’important. L’essentiel du travail a porté sur l’ergonomie du bateau, pour rendre la vie de François un peu moins difficile, et sur la fiabilisation de certains éléments du bateau qui souffraient de quelques petits points faibles récurrents. Guillaume touche un peu de bois, puis précise l’intention : « Il fallait que ce bateau, qui est toujours un peu usé après une transat, soit capable de faire un tour du monde. Et clairement, c’est la fiabilité qui permet à François de tirer sur la machine comme il le fait ».

« Plus tu es fatigué… »

Inconfort de vie à bord, fiabilité. Jamais sans doute ces deux notions n’ont été aussi ancrées dans la réalité du responsable de la performance du trimaran MACIF. Pendant deux ans, en parallèle de son travail de puces sur le trimaran – et de quelque 25 000 milles parcourus –, Guillaume a peaufiné son Pogo 3, le monocoque de série 650 sur lequel il vient de courir la Mini-Transat La Boulangère. Ce n’est pas une mince affaire que d’apprêter un bateau de série pour une course. Cela nécessite un paquet d’heures de travail, du savoir-faire et de bons coups de booster pour le moral. « Un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre, toute l’équipe  m’a donné un coup de main. En se montrant compatissant sur mon planning, par exemple, en me donnant un petit conseil par-ci par-là ou en me permettant d’utiliser du matériel quand j’en avais besoin. C’est un super souvenir ».

 

Surtout, l’aventure fut riche de leçons. « Mon petit projet n’avait pas du tout la même dimension que celui de François, mais cela permet de comprendre beaucoup de choses. Tu comprends la hargne qui peut habiter un solitaire et sa volonté d’obtenir ce qu’il veut, parce que quand il s’agit du bateau sur lequel tu vas naviguer, tu es personnellement investi, tu réalises quels vont être tes enjeux face au large ». Mini Oiri a vécu le très bon – une 3e place sur le prologue, une 6e place provisoire sur la 2e étape entre Las Palmas et le Marin – et le frustrant, avec le décès officiel du pilote automatique à quelques jours de l’arrivée. « Au milieu de cette aventure de rêve, j’ai pris ma petite baffe et mes bons coups de mou, raconte le licencié du Yacht Club de Tahiti, qui termine 17e du classement général des Minis de série. Outre la bagarre géniale sur l’eau, cela permet de comprendre exactement pourquoi, dans une longue aventure en mer, tu peux avoir parfois des petits coups de moins bien. Mais tu comprends aussi que le négatif passe vite, tant l’aventure est riche. Et, c’est un phénomène marrant, mais plus tu es fatigué, plus tu es heureux ! ».

 

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