Haut de page

Lettre à François [Chronique de Luc Le Vaillant]

Luc Le Vaillant est journaliste et directeur de la rubrique « Portrait » au journal Libération. Chaque semaine, il nous livrera son regard sur le tour du monde en solitaire de François Gabart au travers d’un billet. Aujourd’hui, il évoque la rentrée dans l’atmosphère . 

 

Mon cher François,

 

Il y a des parentés évidentes entre la vie d’un marin et celle d’un spationaute. Ta proximité amicale avec Thomas Pesquet en est la preuve. L’un et l’autre, vous avez cette manière souriante et jamais fanfaronne d’aborder les choses et de relativiser la bravoure nécessaire à ce que vous entreprenez.

En sortant du Grand Sud, en saluant le cap Horn, c’est un peu comme si tu avais réussi la rentrée dans l’atmosphère qu’accomplit la navette après avoir quitté la station spatiale, lors de sa route vers la base de Baïkonour.

Comme le vaisseau de Pesquet perçant le cocon terrestre sous le bon angle pour ne pas rebondir vers l’espace ni enflammer son bouclier protecteur, ton bateau s’est exfiltré du Pacifique sans délaminer ses flotteurs, ni exploser ses trinquettes.

Tu es sorti d’un toboggan mental qui te voyait débouler dans un étroit couloir entre glaces et dépressions. Et tu as désormais la sensation d’aborder un univers plus amical et plus tolérant.

L’Atlantique est loin d’être un terrain de jeu matelassé façon jardin d’enfants et d’autres misères te sont promises entre traquenards météos, fatigue du matériel et lassitude physique. Mais l’émotion qui t’a saisi au moment du passage du cap dur est l’expression d’un soulagement intérieur majeur. Cela ne ressemble pas encore au relâchement généralisé qui surviendra bien après avoir foulé le plancher des vaches, tant l’emprise maritime se poursuit longtemps après les amarres saisies. Mais en débordant la Patagonie, en remontant le long de la péninsule argentine et en venant visiter le cabo Frio brésilien, tu as le sentiment d’être passé d’un monde à l’autre et de t’approcher de tes steppes kazakhes à toi.

La seule différence avec le Soyouz de Pesquet, c’est que ton trimaran MACIF, lui, va continuer sa route sans actionner ses rétro-fusées, ni déployer son parachute. Ce qui est bien le moins.

Partager l'article

6 août 2019

Rolex Fastnet Race : la course à bord du trimaran MACIF

Embarquez à bord du trimaran MACIF pour revivre les émotions de François Gabart et son équipage sur la première course de la saison !  

Lire la suite

4 août 2019

François Gabart et l’équipage MACIF deuxième de la Rolex Fastnet Race en catégorie Ultim

En coupant la ligne d’arrivée à Plymouth à 17h33 (heure française) ce dimanche, le trimaran MACIF termine...

Lire la suite

4 août 2019

[Vidéo] Le départ de la Rolex Fastnet Race au plus près du trimaran MACIF

Embarquez à bord du trimaran MACIF pour revivre le départ de la Rolex Fastnet Race.  

Lire la suite