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Ces jours où rien ne doit arriver…

En ce mardi, François Gabart possède 2447 milles d’avance sur la route théorique du record de Thomas Coville. Et il n’a plus que 2274 milles à parcourir. Solidement juché sur ce pactole de 4 jours et demi davance, porté encore par un solide alizé, le skipper du trimaran MACIF a toutes les cartes en main. Ah, si seulement lAtlantique nord pouvait daigner le laisser passer paisiblement

 

Point course en bref : 

  • Le trimaran MACIF a parcouru 720 milles en 24h (30 nœuds)
  • La situation après les Açores toujours incertaine
  • Arrivée à Ouessant entre samedi et lundi

De source assez éloignée du dossier, il se murmure que Georges Clémenceau aurait dit qu’un bon Atlantique est un Atlantique nord… Quand il veut bien se montrer raisonnable dans ses expressions et raisonné dans ses punitions. Et il faut avouer que, pour l’heure, l’océan ne montre pas trop les dents. François bénéficie encore aujourd’hui d’un bel alizé bien tonique qui souffle au 60° à 20-25 nœuds en soulevant un peu la mer. Ça déferle, oui, mais ça cavale. Ces dernières 24 heures le trimaran MACIF a englouti 720 milles à la vitesse de 30 nœuds. Propre. Ce qui l’est moins, c’est la lisibilité de ce qui attend le solitaire lorsqu’il aura doublé les Açores. Là se trouve toujours une zone sans vent tandis qu’une dorsale se glisse entre deux dépressions, l’une venue de l’ouest, l’autre de l’est. A ce jour, les deux types de prévision météo (américain et européen) qui alimentent les systèmes de routage du navigateur ne génèrent pas des routes convergentes. L’un fait passer à travers la dorsale, l’autre contraint à remonter très au nord. La différence ? Pour l’heure, lorsque les routeurs testent la route de l’un sur les fichiers de l’autre, les résultats sont globalement similaires. Il est urgent d’attendre donc que se dessine une vérité toujours lente à se dessiner quand deux dépressions se font du pied sous la table. « Dans le meilleur des cas, dit François Gabart, jarrive en début de week-end. Dans le pire des cas, ça sera en début de semaine ».


Un air de déjà-vu ?

 

S’apprêter à boucler un deuxième tour du monde en multicoque quelques années après avoir dominé la planète lors d’un Vendée Globe, c’est un peu comme dévaler en Ferrari sur l’autoroute du soleil, en longeant cette Nationale 7 qu’on a descendue autrefois en 4×4. Cela évoque plein de souvenirs d’antan, c’est souvent bien joli, mais les paysages changent un peu plus vite.

 

Hier, alors que la question centrale ne tourne plus désormais qu’autour de la date et l’heure d’arrivée du trimaran MACIF à Ouessant pour le possible record, puis à Brest, pour un probable moment de grâce, François a déroulé quelques souvenirs du Vendée Globe 2012-2013, et ces instants rendus merveilleux par la sensation que le plan se déroule sans histoire. « Je ne sais pas trop ce que je ressens, actuellement. C’est un peu similaire à ce que j’ai vécu sur le Vendée Globe. J’étais en tête et Armel (Le Cléac’h) n’était pas loin derrière. J’essaie toujours de naviguer le mieux possible sans lever le pied. Là, j’ai un peu plus d’avance sur la marque virtuelle de Thomas (Coville), mais j’ai toujours les mêmes sensations : une certaine méfiance et de la concentration. Et, dans le même temps, une espèce de mélange de plaisir, de bonheur et de fierté. Ce sont des sentiments latents qui ont envie d’exploser, mais ce n’est pas le moment, il faut attendre encore un peu. La ligne est là, palpable, mais je ne me réjouis pas trop vite, je me cache derrière une énorme concentration ».

C’est que l’Atlantique nord recèle encore bien des pièges à même d’éreinter les espoirs de qui se verrait le dompter trop tôt, trop vite. « Le pire, évidemment, c’est le problème technique qui peut tout foutre en l’air, résume François. Un tour du monde, ça se fait par élimination, du premier au dernier jour. Un problème grave qui m’empêcherait d’avancer, forcément… Alors j’essaie d’être vigilant et concentré sur le bateau pour prévenir tout type d’incident. Comme je vais à plus de 30 nœuds, j’essaie de trouver le juste milieu entre une vitesse moyenne la plus élevée possible et la limitation des risques inutiles. Il faut trouver l’équilibre et privilégier la souplesse, régler sans forcer le bateau ».

 

Une dernière alliance à négocier

 

Et puis il y a des aléas au rictus sadique qui se mettent parfois en travers de la route des plus méritants. « Les objets flottants, la météo, ce sont des choses que je ne maîtrise pas, que je dorme ou que je sois en veille. J’essaie de ne pas y penser. La seule chose sur laquelle je peux peser, c’est de prévoir le scénario catastrophe. Pour cela, il faut que je sois en bonne forme physique et mentale, afin de trouver les moyens de sauver la course ».

 

Ce qui ramène au bilan de santé du skipper et du bateau. A quelques jours d’une arrivée à Ouessant dans un temps qui sera probablement celui d’un nouveau record, François a pu refaire le plein d’énergie au cours de ces trois derniers jours, et le trimaran MACIF tient toujours une belle santé. Ne restent donc plus qu’une dernière alliance avec la chance à négocier, comme le résume Guillaume Combescure :

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