Haut de page

Erwan Le Draoulec, Skipper Macif 2020 : « Le Vendée Globe est la première course qui m’a fait rêver »

Elevé sur les bancs de la classe Mini 6.50, le jeune Erwan Draoulec a le large dans la peau. Seul, sur l’immensité de la mer, il se sent lui-même, il se sent libre. Ce n’est donc pas une surprise que le plus mythique des tours du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance soit son objectif ultime. Nous l’avons interrogé sur ses souvenirs et ses projets de Vendée Globe.

Que t’évoque le Vendée Globe ?

« Le Vendée Globe est la première course que j’ai suivie, j’en ai des souvenirs très clairs. C’était l’édition de 2004-2005 avec l’arrivée victorieuse de Vincent Riou sur PRB. A l’époque j’avais 7 ou 8 ans, mon père m’avait réveillé en pleine nuit pour suivre le direct à la télévision. Je me souviens que j’étais à fond derrière Jean Le Cam. Depuis, j’ai suivi absolument toutes les éditions ! C’est la course qui m’a toujours fait rêver et m’a donné envie de naviguer, de partir au large. »

Cette édition ne déroge pas à la règle, tu la suis attentivement ?

« Oui, je suis la cartographie et les classements tous les jours à chaque réactualisation, sauf si je suis moi-même sur l’eau. Je réalise que plus je grandis et plus je la suis différemment. Je commence à côtoyer certains des marins qui sont de bons copains comme Clarisse Crémer, Nicolas Troussel, Alan Roura, Charlie Dalin etc… Je m’imagine un peu à leur place, je fais des routages, je me demande comment je réagirais dans telle ou telle situation. Tous ne partent pas avec un objectif de performance, certains y vont plus pour l’aventure que pour la course en elle-même. Le défi est si beau ! C’est l’« Everest » de la course au large. »

Est-ce un rêve à plus ou moins long terme ?

« Quand j’ai fini et gagné ma Mini Transat en 2017, j’ai pensé directement au Vendée Globe, c’est devenu mon objectif majeur dans ma carrière. Le large est vraiment mon élément, c’est là que je me sens bien et performant. Après, je suis conscient qu’intégrer le circuit IMOCA est complexe. D’une part il faut réussir à rassembler les fonds nécessaires, ils sont souvent très conséquents ! D’autre part, partir autour du monde n’est pas anodin, il est impératif selon moi de s’entourer des bonnes personnes et de beaucoup naviguer pour mener à bien un tel projet. »

Certains passent du Mini 6.50 à l’IMOCA directement, alors pourquoi avoir rejoint la filière Skipper Macif en Figaro Bénéteau ?

« Il faut de la maturité et une grande expérience hauturière pour s’élancer sur un Vendée Globe. Tout ce que je fais aujourd’hui, c’est pour un jour m’aligner au départ. Même si le Figaro Bénéteau et l’IMOCA sont deux bateaux très différents, pour moi il s’agit de la meilleure école pour se préparer à ce type d’aventures. C’est un peu le « maths sup maths spé » de la voile. Il n’y a qu’à voir : si la plupart des précédents vainqueurs du Vendée Globe sont des anciens figaristes, il y a bien une raison ! »
La filière Skipper Macif nous apprend la rigueur, les méthodes de travail, elle forme un état d’esprit de compétiteur : se battre jour et nuit pour être le plus performant, le plus rapide… Nous naviguons beaucoup, on crée des automatismes dans la vie à bord et on maitrise des logiciels de navigation.
Et outre les aspects sportifs, elle nous prépare aussi à la gestion de projets à moindre échelle avec du management, des choix techniques, de la comptabilité, des relations partenaires…

Que penses-tu du début de parcours ?

« Concernant Charlie Dalin, il a vraiment bien géré son début de Vendée Globe. Il a bien en tête qu’il est sur un tour du monde et pas sur une étape de Figaro ! La voile est un sport mécanique et les avaries sont vite arrivées si on tire trop sur la machine dès le départ. Et malgré cette prudence dans les premiers coups de vent et la dépression tropicale, il est en tête, c’est super positif. Il fait de très belles trajectoires, il a l’air lucide, maintenant il faut tenir, car le chemin est encore long !
Ensuite le fait marquant est bien entendu le sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam la nuit dernière. Dans ces moments, la course est chamboulée en quelques secondes et les marins passent en mode aventuriers. Kevin et Jean ont été impressionnants de réactivité et de sang froid car les conditions étaient réellement difficiles… Eux deux et les marins qui se sont déroutés sont des exemples de solidarité, de courage et d’entre aide. C’est beau et inspirant. »

 

Partager l'article

23 décembre 2020

Cap sur 2021 pour Erwan Le Draoulec

La fin d’année est sous le signe du retour aux sources pour le jeune Erwan Le Draoulec. Si la saison a été semée d’embûches entre le calendrier bouleversé à cause de la situation sanitaire...

Lire la suite

11 décembre 2020

[Vidéo] Bilan de la saison 2020 des skippers Macif

Des hauts, des bas... mais surtout une année très riche d'enseignements ! Nos skippers Macif sont déjà tournés vers les objectifs de la saison 2021.

Lire la suite

26 octobre 2020

Erwan Le Draoulec, Skipper Macif 2020 : « Une année très riche d’enseignements »

Il y a un an tout juste, le jeune Erwan Le Draoulec remportait la sélection Skipper Macif 2020 et embarquait dans la...

Lire la suite