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Tout droit vers le pot

François Gabart et le trimaran MACIF profitent pleinement et pour toute la durée du week-end du tronçon le plus agréable de cet exceptionnel tour du monde. Au prix de quelques « tricotages », ils se sont hier extraits sans dommage des dernières zones de transition pour entrer franchement dans un régime d’alizés hivernaux aux atours des plus classiques ; une vingtaine de noeuds de vent à peine perturbée ici et là par quelques grains tropicaux. Tribord amure, MACIF poursuit à belle allure sa remontée le long des côtes du Nordeste brésilien, avec pour objectif, au delà de l’équateur situé à moins de 700 milles de ses étraves, un point de passage le plus propice du pot au noir, peu virulent actuellement, entre 31 et 32 degrés de longitude ouest. Le tableau de marche du grand trimaran traduit de stupéfiante manière l’excellence du moment. François dispose, avec plus de 1 800 milles, du plus grand écart positif enregistré depuis le départ sur son concurrent Thomas Coville. Il pourrait ainsi franchir demain à la mi-journée l’équateur et entrer dans l’hémisphère nord avec plus de 5 jours d’avance.

Point course en bref : 

  • Au bonheur de l’alizé ; François poursuit un long bord tribord amure vers l’équateur
  • Objectif pot au noir, à traverser demain dimanche en début d’après midi
  • Plus de 1 800 milles d’avance, et un horizon dégagé jusqu’aux Açores…

Un alizé sans surprise

C’est avec un soulagement avoué que François Gabart quitte les miasmes des dépressions australes qui l’ont propulsé rapidement vers l’alizé, au prix d’immenses efforts, avec cette gestion toujours très physique de la traversée de zones de transition plus ou moins ventées. L’alizé de sud-est est depuis hier au rendez-vous, et François renoue avec une situation apaisée, sur une mer bien lissée, propice à la glisse. « Une belle navigation de plaisance » s’amuse Jean Yves Bernot depuis sa cellule de routage Rochelaise. « François a du vent, une vingtaine de nœuds et profite de belles journées d’une navigation sans autres embuches que de gérer les petites zones à grains qui traînent ici et là. Il navigue toujours avec un ris dans la grand voile, mais pourrait envoyer toute la toile dans la journée. Le bateau glisse bien. Les conditions sont typiques de la saison. Le pot au noir ne nous semble guère virulent et nous n’envisageons pas d’arrêt buffet. » Sur une route de plus en plus abattue cap au nord nord-ouest, MACIF vise un point de passage de cette Zone de Convergence Intertropicale vers 31 ou 32 degrés ouest. « Il n’y a pas de fromage à couper » précise Bernot. « Nous étudions la situation en Atlantique Nord et la route vers les Açores est là encore des plus classique, avec l’anticyclone éponyme bien en place. C’est tout l’enjeu de notre placement actuel pour rejoindre mercredi prochain l’archipel. La fin du parcours s’annonce un peu plus compliquée, avec quelques zones de calmes à éviter. »

Demain dimanche à l’équateur

A 23 noeuds de moyenne et plus de 550 milles parcourus par 24 heures, François Gabart continue d’augmenter son avance, concentré sur sa vitesse et sur sa trajectoire. Le vent prend de plus en plus de droite au fur et à mesure de la progression vers le nord, facilitant l’accélération travers aux alizés. François basculera demain à la mi-journée, au terme de 36 jours de navigation, en Atlantique Nord, dernière étape de son tour du monde express. Dans la chaleur tropicale, il recharge ses batteries physiques avant ce dernier sprint hivernal vers Ouessant et la délivrance.

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