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Dans le ressort des Açores

Ce matin, tandis quil avait mis de lest dans sa course pour se rapprocher des Açores hier, François Gabart a empanné en ce 40e jour de course pour s’en éloigner un peu. Et, puisque rien nest tout à fait clair sur le plan deau, sens tactique et instinct opportuniste vont guider les pas du trimaran MACIF au cours des deux prochains jours.

 

 

 

Point course en bref :

  • Au 40e jour de course, le trimaran MACIF a 2743 milles d’avance sur le record
  • A midi, il restait 1267 milles à parcourir
  • Retour de la vitesse (29 nœuds) après une journée à 22,9 nœuds
  • Dorsale à traverser égale coup stratégique à venir

 

La trajectoire est jolie : Petit crochet intérieur pour fixer la défense anticyclonique, grand crochet extérieur et amorce d’accélération pour se rapprocher de l’en-but en filant très au nord. Le trimaran MACIF avançait ce matin à une vingtaine de nœuds le long de la ligne de touche, mais il reste quelques défenses à éreinter. Le milieu d’après-midi devrait sonner le glas des éléments perturbateurs qui se chamaillent sous le vent de Flores. François devra ensuite enchaîner quelques petits crochets pour se défaire d’une petite zone sans vent avant qu’une bascule des airs de 120° lui fasse tendre l’amure bâbord.

 

Et c’est là que règne l’incertitude. Une seule chose est actée : il faut contourner la dorsale pour rejoindre Ouessant rapidement. Oui, mais où ? Comment ? Coach Bernot envisage deux options qui permettent de ne pas s’enfermer dans un choix. Parce que, dans ces coins-là de l’Atlantique, les positions ont vite fait de bouger. Le trimaran MACIF doit-il s’enfoncer sur la route optimale nord, jusqu’au 50° nord, sans trop s’éloigner du centre du terrain pour le cas où la dorsale s’affaisserait rapidement, ou faut-il déjà viser les poteaux en mettant du sud dans la trajectoire, quitte à reprendre du nord si ça tourne vinaigre. Mais quels que soient les choix de l’équipe de routage et de François, l’arrivée à Ouessant devrait se faire dimanche matin. Les routages sont amusants : ils sont à la fois précis et pas d’accord. Selon les modèles européens et en vertu des éléments du jour, le trimaran MACIF aplatirait dans l’en-but à 3h48. Selon les Américains, le touchdown serait pour 7h21.

 

Comme lors des trois premiers jours de course, comme par deux fois au large du Brésil, François doit composer avec le trafic maritime commercial, qui densifie le jeu. Les sites marinetraffic.com et vesselfinder.com, par exemple, permettent d’avoir une impressionnante vision globale de la circulation maritime. Fort heureusement, ces transhumances planétaires sont organisées, régies par un certain nombre de préceptes, et armées de quelques outils technologiques essentiels. A commencer par l’AIS, un système d’identification automatique qui fait apparaître sur les cartographies chaque gros bateau, avec son tonnage, sa vitesse et sa route. Une alarme prévient des routes de collision. Le trimaran MACIF est également équipé d’un radar… ainsi que des yeux de François Gabart. « L’AIS est un système qui fonctionne tellement bien que même les plaisanciers s’en équipent aujourd’hui, complète Antoine Gautier, le responsable du bureau d’études. Mais, dans ces journées où l’on se rapproche des côtes, il y a aussi les deux yeux du skipper qui sont un excellent système… à condition que la visibilité soit correcte et qu’il ne dorme pas… »

 

Ce qui traîne dans l’eau reste du domaine de l’aléa, de l’impondérable, du coup de pas de bol. Des systèmes ont bien été testés. Il existe des radars, capables de détecter ce qui traîne en surface, mais ils doivent encore être optimisés avant d’envisager le dossier le plus complexe : le raccord à la centrale de navigation. La solidarité des gens de mer s’organise aussi, cependant. Efficace dans les zones territoriales françaises, le site de la préfecture maritime AVURNAV – avis urgent aux navigateurs – permet de lancer des alertes lorsqu’un équipage détecte des objets flottants. L’on sait entre autres ce jour qu’une bouée manque en baie de Morlaix et que des largages sous-marins de cibles sont effectués au large de la Rochelle. Pas tout à fait dans la course de François, mais c’est toujours bon à savoir.

 

 

 

 

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