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Au mastic dans le Pacifique !

Depuis hier après-midi, François Gabart est lancé dans un bras de fer avec une dépression qui le talonne. L’enjeu : parvenir à garder une once d’avance sur le cœur du phénomène qui génère en son centre des vents de 45 nœuds et qui secoue sérieusement la mer. La cavalcade continue : le trimaran MACIF avance à 33 nœuds depuis plus 24 heures et possède toujours 747 milles d’avance sur le record.

Il faudra un jour envisager d’intenter des procès aux systèmes météo pour association de malfaiteurs en vue d’une action dépressionnaire. Ça sera pour plus tard parce que, depuis hier après-midi, au calendrier hexagonal, François manque un peu de temps pour contacter ses avocats. Vachardes, deux dépressions se sont mises à l’unisson pour perturber la foulée du grand trimaran. L’une, venue de Tasmanie, a fait fissa pour glisser dans le sud et provoquer un maul pénétrant avec l’autre, qui vient de plus loin et qui remonte dans le sud après avoir rebondi sur les côtes de l’Antarctique, chassée par le grand froid.

 

Comme en tout, l’union fait la force. A commencer par celle du vent, qui s’est renforcé cette nuit au point d’imposer à François un combat des plus sournois. Ce matin et pour une douzaine d’heures encore, les fichiers météo annoncent 38 à 40 nœuds de vent moyen à l’avant de la dépression. Et, forcément, la mer déferle, rendant la circulation dans les eaux extraterritoriales particulièrement désagréable. Pour contrer cet adversaire de bras de fer qui truque en levant le coude, François a été contraint de réduire la voilure à son minimum. Après avoir passé la nuit avec trois ris dans la grand-voile et un j2 à l’avant, le skipper MACIF s’est résolu à envoyer le J3. Et, même en configuration minimaliste, ça mastique dans le Pacifique. « J’essaie de rester à l’avant (de la dépression) pour échapper à son centre, commentait François cette nuit. Ce sera un peu la course pendant trois ou quatre jours. Je fais encore le dos rond face à cette mer qui est de plus en plus grosse, d’heure en heure, pour essayer de rejoindre le cap Horn le plus vite possible ». Troisième cap à effacer, le Horn incarnera la fin des mers du sud et la remontée des Atlantiques. Une page se tournera alors, qui n’aura pas été des plus clémentes, François n’ayant finalement pas été épargné par les latitudes australes depuis qu’il a passé le cap de Bonne-Espérance, le 16 novembre.

Vivement le week-end !

D’ici le cap Horn, il va falloir encore mettre du charbon dans la machine. Depuis hier et sa rencontre avec un iceberg égaré, MACIF a amorcé une remontée dans des eaux plus chaudes. Le trimaran croise actuellement aux alentours du 54°S. En fin de journée, aux alentours de 18-20 heures TU, il empannera pour remettre un peu de sud dans sa trajectoire et faire grosso modo route vers le cap Horn. Ce sera le moment où le vent condescendra à mollir très légèrement, mais le skipper MACIF doit se tenir prêt à affronter encore 48 heures de conditions difficiles et une petite succession d’empannages et de changements de voiles lorsqu’il sera redescendu aux abords des Soixantièmes Mugissants. Et puis, dès l’approche du week-end, la vigilance redeviendra extrême : c’est dans ces contrées-là, entre la péninsule antarctique et le Cap Horn, que les icebergs se libèrent de leurs chaînes pour s’évader dans les premières eaux de l’Atlantique sud. François va devoir prendre son mal en patience avant de pouvoir enfin se reposer un peu…

 

Chéri, ça sonne !

François Gabart a partagé ses impressions de la nuit dernière dans un petit fichier audio. A plusieurs reprises, une alarme s’est déclenchée, interrompant sa narration. Ces alertes sont autant de mises en garde que le skipper choisit d’activer ou non depuis son ordinateur, selon les conditions. Celles que l’on entend dans le sonore se déclenchent lorsque le vent dépasse un seuil que François peut programmer. Seuil établi sans doute entre 40 et 45 nœuds. François peut choisir aussi d’être alerté par le changement d’angle du vent ou la vitesse – basse ou excessive – de son trimaran.
D’autres sont annexées au système de largage automatique des écoutes. Un premier son survient en amont, prenant de la puissance à mesure que le largage approche. Cela permet au skipper d’agir de son propre chef en anticipant le système automatique.
Une alarme retentit aussi quand ses batteries sont basses ou quand la charge est terminée, ce qui permet d’économiser de l’énergie. Les dernières sont moins amusantes : il sera prévenu de l’envahissement de la coque centrale par l’eau et une alarme incendie veille sur le compartiment moteur. Et son alarme de réveil ? Pas de hibou, d’étoile filante ou de pivert. C’est bien le même son strident qui l’extirpe de son sommeil après ses pauses de 22 ou 40 minutes. Et malgré ça, François reste de bonne humeur. Chapeau.

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