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Transat Jacques Vabre 2015

François Gabart et Pascal Bidégorry ont coupé la ligne d’arrivée de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre à 06h59min27sec samedi 7 novembre après 12 jours 17 heures 29 minutes et 27 secondes, à 20,75 nœuds de moyenne. Retrouvez les temps forts de la transat victorieuse du trimaran MACIF.

il est temps de laisser filer François

TRANSAT JACQUES VABRE 2015

 

Seulement deux mois après sa mise à l’eau, le trimaran MACIF est au départ du Havre pour la Transat Jacques Vabre. Un nouveau défi pour François Gabart à bord de son multicoque de 30 mètres. Pour cette transat en double ralliant Le Havre à Itajai au Brésil, le skipper a décidé d’embarquer Pascal Bidégorry, spécialiste du multicoque. Un choix payant puisque les deux hommes remportent la Transat Jacques Vabre après 12 jours 17 heures 29 minutes et 27 secondes en mer.

 

 

Premiers à la bouée d’Etretat

Spectacle surréaliste le dimanche 25 octobre à 13h30 lorsqu’est donné le départ de la 12e édition de la Transat Jacques Vabre au pied du Cap de la Hève : la Manche ressemble à un lac et pas le moindre souffle ne vient gonfler les voiles des 42 bateaux engagés. Le trimaran MACIF n’échappe pas aux caprices de la nature et met un certain temps avant de couper la ligne. Eole daigne finalement se lever dans l’après-midi, permettant au bateau de 30 mètres de peu à peu déployer ses ailes et de franchir en tête la bouée d’Etretat, avant de mettre le cap à l’ouest vers la pointe de la Bretagne. « Cette première heure de course dans la molle n’était pas forcément la plus marrante, mais très vite, nous avons touché du vent : nous étions déjà à 30 nœuds au niveau de la pointe du Cotentin et avons même atteint des pointes à 42 nœuds vers Guernesey, commentera François Gabart. C’était finalement pas mal d’avoir des premières heures de course relativement calmes sur une mer plate, cela nous a permis de nous mettre tranquillement en place sur le bateau. »

 

Négocier le passage du Cap-Vert <br>©V.Curutchet / MACIF

Le Golfe de Gascogne dans le rétro

Bateaux les plus rapides, les grands trimarans de la classe Ultime ont, sitôt la pointe de la Bretagne atteinte, pris la direction du Cap Finisterre dans du vent fort et une mer formée. Le mardi 27 octobre au matin, ils en terminent soulagés avec le Golfe de Gascogne, mais deux mauvaises nouvelles viennent freiner leurs ardeurs : le chavirage de Prince de Bretagne et une panne d’électronique à bord du trimaran. « Un black-out complet juste après le Cap Finisterre, raconte François. Nous avons mis quasiment toute la journée à réparer et du coup, Sodebo a un peu pris la poudre d’escampette. J’espère que nous allons continuer à faire la course avec eux dans le même système, nous avons envie de régater. » Après l’abandon d’Actual, MACIF et Sodebo Ultim’ restent les deux seuls Ultimes en course et le long des côtes africaines, leur duel est de plus en plus captivant ; le premier, à l’aise dans les conditions de glisse de l’alizé, ne cessant de grappiller des milles par rapport au second, au point qu’au dernier classement de ce vendredi 30 octobre, seulement 0,99 mille sépare les deux bateaux ! 

MACIF sort du Pot-au-noir et creuse l’écart !

Après près de deux jours pénibles dans un Pot-au-noir assez inhabituel, marqué par une absence presque totale de vent et très peu de grains orageux, le trimaran MACIF parvient à s’en extraire en fin de journée lundi soir, leader au classement de 21h avec une dizaine de milles d’avance sur Sodebo Ultim’. 24 heures plus tard, l’écart a crû de 100 milles en faveur de François Gabart et Pascal Bidégorry. L’explication ? « Au niveau stratégique, nous savions que si nous sortions un peu plus à l’est, nous bénéficierions d’un angle favorable dans l’alizé, parce que le vent allait adonner progressivement (passer de sud-est à est). C’est ce qui se passe en ce moment : depuis hier soir, nous avons quasiment la même trajectoire que Sodebo, mais nous allons toujours un peu plus vite », explique François, le 3 novembre au matin. Si cet écart semble de bon augure pour la victoire finale, le skipper de MACIF reste prudent : « Nous sommes évidemment super contents d’être là, c’est très positif d’arriver dans l’hémisphère Sud avec ce pécule d’avance ; maintenant, il reste du chemin jusqu’à Itajai. »

Confiance et prudence

Passé sous la barre des 1000 milles le séparant de la ligne d’arrivée à Itajai, le trimaran MACIF a profité du grand bord bâbord amure le long des côtes brésiliennes pour accentuer son avance sur Sodebo, qui culmine à 250 milles le mercredi 4 au soir. « Nous allons continuer à allonger la foulée par rapport à nos petits camarades », se réjouit Pascal Bidégorry. La victoire se profile pour le duo qui s’apprête à négocier un petit front froid au large du Cabo Frio (à l’est de Rio de Janeiro) l’obligeant à effectuer une boucle au large avant de faire route directe au portant vers Itajai. « Notre avance est confortable pour aborder le sprint final, elle commence à être significative par rapport à la distance qui nous sépare de l’arrivée, commente François. Mais 150 milles équivalent à quelques heures à la vitesse de nos bateaux, il peut encore se passer plein de choses. » L’intéressé ne croit pas si bien dire : les deux marins découvrent une entrée d’eau à l’arrière du bateau qui endommage les pilotes automatiques et les oblige à pomper pour évacuer 5000 litres ! « Cela nous a mis un peu dans le rouge », confiera à l’arrivée François.

et l'encourager sur les premiers milles !

Samedi 7 novembre, 06h59 : La délivrance

C’est à 06h59’27’’ (heure française, 03h59 sur place) que le trimaran MACIF coupe la ligne d’arrivée à Itajai, après 12 jours 17 heures 29 minutes et 27 secondes, à 17,68 nœuds de vitesse moyenne théorique, 20,75 nœuds de vitesse moyenne réelle, le bateau ayant parcouru 6340 milles au lieu des 5400 de la route la plus directe. Après le Vendée Globe et la Route du Rhum, François Gabart accroche une nouvelle très prestigieuse course au large à son palmarès, une première pour lui après trois participations, tandis que Pascal Bidégorry remporte cette Jacques Vabre pour la deuxième fois, dix ans après sa victoire au côté de Lionel Lemonchois en trimaran Orma. « C’est une impression formidable, parce que c’est la première course du trimaran et sa première victoire, on ne pouvait pas rêver mieux ! Et partager cette victoire avec Pascal, c’est un moment fort, ce n’est que du bonheur ! », se félicite François sur le ponton d’Itajai.

Juillet 2015 – Un membre de l'équipe CDK Keroman prépare le masquage du flotteur avant la mise en peinture du #trimaranMACIF. <br>© Alexis Courcoux / MACIF