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The Bridge 2017

François Gabart et son équipage étaient pressés de voir New York ! C’est en effet avec un peu d’avance sur les prévisions que les six « MACIF boys » ont coupé en vainqueurs la ligne d’arrivée de The Bridge 2017 sous le Pont de Verrazzano, lundi à 13h31’20, après 8 jours 31 minutes et 20 secondes. Le skipper ajoute ainsi une ligne de plus à son palmarès.

THE BRIDGE 2017

 

Vainqueur de The Bridge 2017, le trimaran MACIF aura effectué la quasi-totalité de la traversée de l’Atlantique entre Saint-Nazaire et New York en tête.

 

Dimanche 25 juin: pas le temps de profiter du spectacle 

 

Le départ de The Bridge 2017, donné le dimanche 25 juin à 19h, donne lieu à des images spectaculaires reprises en boucle par toutes les chaînes de télévision, avec les quatre trimarans Ultims au contact du Queen Mary 2, le tout survolé par un A380 venu du Salon de l’aéronautique du Bourget ! A bord de MACIF, pas question pour autant de lever la tête au ciel, l’heure est à la concentration maximale, l’objectif étant de s’extraire de l’estuaire de la Loire dans des conditions guère évidentes. « Cela n’a pas été facile de sortir du chenal parce qu’il n’y avait pas beaucoup de vent, il était en plus dans l’axe et irrégulier, ce qui nous a obligés à tirer des bords avec notre J1, notre plus grande voile plate, qui n’est pas très manoeuvrante, racontera François Gabart. C’est sûr que cela devait être sympa à voir au niveau du spectacle, mais nous attendrons d’être de nouveau à terre pour voir les belles photos et vidéos qui ont été faites, parce que nous étions très concentrés. »

Lundi 26 juin : Déjà en tête

C’est en tête, au contact direct avec IDEC Sport, que l’équipage de MACIF sort de sa première nuit de course, une position à l’avant de la flotte qui s’avèrera décisive, puisque l’écart avec Sodebo et Actual, ne cessera par la suite de s’accroître : « Nous n’avions pas forcément en tête l’idée qu’il y aurait des écarts possibles dès le début, mais nous étions motivés pour ne rien lâcher. Ces petits écarts se sont vite transformés en écarts plus importants », expliquera François Gabart.

 

Mardi 27 juin : cavalcade au reaching

Mardi au lever du jour, MACIF atteint le point de bascule qu’il visait et vire de bord pour attaquer un long bord de reaching, tribord amure, dans un vent de nord-ouest d’une vingtaine de nœuds. Le trimaran de 30 mètres, toujours en tête, peut allonger la foulée à plus de 30 nœuds de moyenne, tandis qu’à la table à cartes, François Gabart garde en permanence l’œil sur la concurrence : « Nous avons encore beaucoup de transitions à gérer d’ici New York. Dans ces zones, les modèles sont assez aléatoires, c’est difficile d’avoir des prévisions fiables.»

Mercredi 28 juin : gérer les transitions

MACIF, désormais au près et dans la grisaille, est confronté à une succession de petites dorsales anticycloniques. Synonymes de coups de frein, elles nécessitent beaucoup de manœuvres pour adapter la voile aux changements d’angle et de force du vent, mais aussi de la vigilance pour surveiller la concurrence.

 

Jeudi 29 juin : tirer les bons bords

Comme la veille, MACIF est freiné dans la nuit par une large zone de vents faibles et erratiques, rendant sa progression difficile et aléatoire. « Le vent est super instable, ça avance d’une manière chaotique, mais ça avance. Nous avons encore trois-quatre heures compliquées, j’espère que ça ira mieux après », commente Pascal Bidégorry à la première vacation de la journée.

Vendredi 30 juin : dans la brume

Après cinq jours de course, le trimaran MACIF s’apprête à pénétrer dans un couloir assez étroit entre la zone interdite des glaces dans son nord et l’anticyclone des Açores dans son sud. Il affronte des conditions assez typiques de la région : « Nous avons 20 nœuds de sud-ouest et on ne voit rien : on voit à peine le haut du mât tellement c’est brumeux. Il y a une grosse brume qu’on n’a pas chez nous », décrit Antoine Gautier au petit matin.

 

Samedi 1er juillet : chaud et froid…

Alors que le Queen Mary 2 en termine dans la matinée avec la Transat du Centenaire, MACIF, à un peu plus de 1000 milles de New York, doit encore négocier le passage d’une dorsale. Une fois de plus, l’équipage s’en sort sans dommages et retouche le premier du vent de sud-ouest, ce qui lui permet de reprendre de la marge sur IDEC Sport, désormais relégué à plus d’une cinquantaine de milles. La suite du programme ? « Nous allons avoir de l’air dans la journée de dimanche avec un flux de sud-ouest qui va se renforcer, la fin de course s’annonce tonique », pronostique Antoine Gautier.

Dimanche 2 juillet : MACIF secoué

Si la grande majorité de la transat entre Saint-Nazaire et New York s’est faite sur une mer fréquentable, la journée de dimanche est nettement moins agréable pour l’équipage confronté à du vent fort, jusqu’à 35 nœuds, et à une mer difficile : « Nous avons eu du vent de sud-sud-ouest dans une mer hachée, c’était le vent le plus fort de notre traversée, nous nous sommes fait chahuter, c’était assez inconfortable, détaillera le skipper de MACIF dans la nuit de dimanche à lundi. Ce n’était pas simple car dans notre situation, en tête avec un peu d’avance sur nos poursuivants, il fallait essayer de trouver le bon compris entre naviguer au mieux et ne pas prendre de risques inutiles. ; nous nous en sommes plutôt bien sortis. »

 

Lundi 3 juillet : manœuvres et délivrance

Comme s’y attendait François Gabart, l’approche de New York se fait dans du vent faible et contraire, freinant considérablement la marche en avant de MACIF. Si, au classement, plus grand-chose ne peut lui arriver, le retard d’IDEC Sport atteignant 150 milles au petit matin lundi, les dernières heures obligent l’équipage, sous une température de plus en plus élevée, à enchaîner une quinzaine de virements de bord dans le petit temps tout en s’armant de vigilance pour surveiller le trafic : « Il y a un petit peu de monde autour de nous. Nous venons de passer près d’un pêcheur qui n’avait pas l’AIS (système d’identification automatique qui permet de voir le positionnement des bateaux dans sa zone
de navigation), nous sommes concentrés », commente le skipper qui, avec la mesure qui s’impose tant que la ligne n’est pas franchie, évoque le « bilan forcément très positif » de The Bridge. A 13h31’20’’, heure de New York, après 8 jours 31 minutes et 20 secondes de mer, l’heure de la délivrance sonne sous le pont de Verrazzano : François Gabart peut fêter avec son équipage sa troisième transat victorieuse en trois ans, après ses succès en double sur la Transat Jacques Vabre en 2015 (avec Pascal Bidégorry) et en solitaire sur The Transat bakerly en 2016.