Haut de page

Route du Rhum 2014

En tête de la flotte des grands monocoques de 60 pieds depuis le cap Fréhel, le skipper de MACIF a réalisé un parcours sans faute jusqu’en Guadeloupe chassé par Jérémie Beyou (Maître CoQ) son plus proche rival. Le vainqueur du dernier Vendée Globe a une fois de plus démontré qu’il était un as du placement et de la trajectoire.

ROUTE DU RHUM 2014 

 

François Gabart est au départ de Saint-Malo en novembre 2014 pour sa première participation à la Route du Rhum. Vainqueur du Vendée Globe l’année précédente, le skipper de MACIF fait figure de favori de l’épreuve. Pour sa dernière course à bord de l’Imoca MACIF, François Gabart espère conclure le programme 60 pieds de la plus belle des manières. C’est chose faite le 14 novembre lorsqu’il remporte la Route du Rhum après avoir parcouru 3963 milles en 12 jours 4 heures 38 minutes et 55 secondes.

 

Tous derrière et François devant

Départ, 14 h de Saint-Malo. Les adieux ensoleillés ne durent pas longtemps. Devant la flotte des 91 bateaux, un gros grain noir annonce la couleur des heures à venir. Parti au près et dans un vent irrégulier de 15 à 25 nœuds, François donne le ton en prenant les commandes de la classe Imoca dès la bouée du cap Fréhel. Dès la première nuit, le flux de sud ouest cueille les marins à froid. Rafales rageuses et houle jusqu’à 6 mètres. Dans ces conditions, le skipper MACIF impose un rythme endiablé que seul Vincent Riou parvient à suivre. « J’ai fait la différence la première nuit, j’ai tout de suite attaqué quand les autres ont mis un peu plus de temps pour entrer dans le match », analyse François quelques jours plus tard.

 

Partie d’échec aux Açores (J3 à J5)

Tous les skippers paient leur lot de soucis techniques. François n’est pas épargné même si son 60 pieds MACIF caracole en tête avec comme objectif de se rapprocher de la route orthodromique et longer l’anticyclone des Açores sous un bon angle. Le 4 novembre, il révèle que la galette d’une de ses voiles d’avant a explosé. La réparation sur le pont d’un bateau qui « fait du saut de vagues a été violente », souligne-t-il. Malgré tout, ce début de course « comble le compétiteur » qu’il est. Qui ne compte plus que deux sérieux rivaux : Jérémie Beyou, sur la même trajectoire que lui, et Marc Guillemot, décalé plus à l’Est. Après trois jours de guerre face aux éléments, François mène toujours. Mais il a vu fondre en une nuit (6-7 novembre) son avance sur Jérémie. 8,3 milles, ce sera le plus petit delta concédé par François dans l’océan. Dans la partie tactique à laquelle se livrent les bretteurs de l’océan au sud de l’archipel des Açores, les écarts jouent à l’élastique.

Si Jéremie était à 150 miles ce serait plus dur d’être à fond tout le temps. Là, je n’ai pas le choix et j’en suis ravi !

 

Duel dans les alizés (J6 à J9)

A mi-parcours, les 8-9 novembre, la course ne se résume plus qu’à un duel acharné. Si François garde les commandes, Jérémie Beyou colle à son tableau arrière comme le sparadrap du capitaine Haddock. Vents erratiques, grains orageux impressionnants : les alizés restent instables et pour gagner un petit mille, François adapte sans cesse la voilure, négocie les empannages et accumule les heures passées à la barre. Son avance est confortée à une quarantaine de milles le 11 novembre.

Les chroniqueurs Macif avec François Gabart<br>© Alexis Courcoux / MACIF

Cavalier seul vers l’île papillon (J10 à J12)

Le 12 novembre, jour où le module Philae atterrit sur la comète « Tchouri» à plus de 500 millions de kilomètres de la terre, François file dans son univers à lui. Cap direct vers la Guadeloupe. Défiant des alizés peu établis, il prend le large pour cumuler une centaine de milles d’écart sur Jérémie Beyou. Reste l’enroulement de l’île papillon. L’histoire de la Route du Rhum regorge de rebondissements dans ces ultimes milles où les dévents des montagnes et autres grains ont réécrit les scénarios. En 2006, l’année de son record, Roland Jourdain avait vu fondre sur lui Jean Le Cam, pour un final à suspens et 28 minutes d’écart à l’arrivée.  « Dans ma tête, je suis prêt à ce que Jérémie revienne au contact. Si cela arrive, je serai là ! Je ne vais pas me laisser faire… La victoire sera d’autant plus belle ! », prévient François le 13 novembre. Fidèle à ses classiques, la Guadeloupe lui réserve des dernières heures harassantes. François multiplie les empannages pour exploiter la moindre ressource de vents, parfois nulle sous Basse-Terre.

 

Vendredi 14 novembre, 18h38 : Une arrivée triomphale

Après 12 jours 4 heures 38 minutes et 55 secondes, François sur son fidèle 60 pieds MACIF, avec lequel il naviguait pour la dernière fois, touche enfin Pointe-à-Pitre. Entouré d’une multitude de bateaux, il peut savourer cette victoire pour sa première Route du Rhum, agrémentée du record en Imoca !