Haut de page

The Transat bakerly 2016

Six mois à peine après sa victoire sur la Transat Jacques Vabre, François Gabart remporte le mercredi 11 mai l’édition 2016 de The Transat bakerly, sa première course en solitaire en multicoque.

Europa Warm'up - Arrivée à Barcelone<br><p>MACIF entre dans le port de Barcelone. <span class

THE TRANSAT BAKERLY 2016

 

Lorsqu’il prend le départ de The Transat en 2016, François Gabart n’a encore jamais navigué en solitaire en compétition officielle sur le trimaran MACIF. Et pourtant, le skipper charentais est bien le favori de la 14ème édition de la plus mythique des transatlantiques en solitaire. Huit jours plus tard, le 11 mai 2016 à 00H 24’ 39’’ heure française, François Gabart ajoute un titre de plus à son palmarès, devançant Thomas Coville et Yves Le Blevec, respectivement deuxième et troisième de l’épreuve.

 

 

450 collaborateurs Macif ont embarqué pour suivre le départ de leur bateau...

La Manche en quatre heures chrono !

 

Parti le lundi 2 mai à 14h30 (locale) de Plymouth dans une brise de secteur ouest-nord-ouest d’une quinzaine de nœuds, le trimaran MACIF ne tarde pas à faire parler sa puissance, avalant la Manche en… quatre heures, grâce à la combinaison d’une mer peu agitée et de la marée descendante. « J’ai traversé la Manche 50% du temps sur un flotteur, la coque centrale n’a pas souvent touché l’eau ! Comme le vent était assez régulier et qu’il n’y avait pas trop de mer, je pouvais me permettre d’être à fond, même si j’avais constamment la main sur les écoutes », racontera François Gabart. Dès la sortie de Manche, le skipper du trimaran MACIF, met le clignotant à gauche, en direction du Cap Finisterre, avec Thomas Coville sur ses talons. Une option sud est apparue évidente : « Cette route nous permet de descendre rapidement le Golfe de Gascogne au portant et de passer sous l’anticyclone des Açores, positionné plus haut que d’habitude. La route nord, plus directe, est inimaginable avec 40 nœuds de vent et des vagues de 10 mètres. »

Être aussi proche après deux jours de course, est exceptionnel. C’est genial pour progresser.

 

Un combat rapproché

 

Toujours au portant dans du vent fort, le trimaran MACIF poursuit son contournement de l’anticyclone des Açores par le sud et continue à accélérer, avec une journée à presque 27 nœuds de moyenne ! L’écart avec Thomas Coville, que François Gabart a pu suivre une partie de la nuit à l’AIS (radar) et qui s’est emparé un moment de la place de leader, reste infime, ce qui fait dire à François : « Etre aussi proche après deux jours de course, est exceptionnel. Le fait d’avoir Thomas à côté me pousse forcément à aller vite, ça ne donne pas envie de mollir. C’est aussi la compétition qui permet de se dépasser, de trouver des solutions pour grappiller quelques nœuds par-ci par-là. Grâce aux classements et parfois à l’AIS, je comprends tout de suite si j’ai gagné en performance, c’est génial pour progresser. »

et l'encourager sur les premiers milles !

Positionné au sud de l’anticyclone des Açores, le trimaran MACIF file à vive allure, profitant d’un angle de vent favorable et d’une mer de moins en moins formée pour faire parler sa puissance. Le bateau va bien, le skipper aussi, qui plus est parce qu’il a repris la tête de la course à Thomas Coville. « Je me sens vraiment bien. Musculairement, je suis maintenant bien chaud, les bras se sont habitués à tourner les colonnes de winch. Je me demande même si je ne suis pas en meilleure forme qu’au départ ! Je passe aussi pas mal de temps à bricoler et à optimiser le bateau pour qu’il soit à 100% de son potentiel pour la fin de course. »

Allez François !

Enfin vers New York

 

Ce n’est que vendredi soir que MACIF, après un long contournement de l’anticyclone des Açores par le sud, commence enfin à pointer ses étraves vers le terme de The Transat : New York. S’en suit samedi un long bord à haute vitesse vers la côte est des Etats-Unis. François Gabart tout en s’attachant à faire avancer son bateau le plus rapidement possible, est d’ores et déjà concentré sur la suite et fin du programme, et notamment sur les dernières heures de la course, qui s’annoncent compliquées. « Nous allons devoir négocier une dépression face à du vent fort. Ensuite, la situation semble assez désordonnée, avec toujours de l’air mais qui tourne dans tous les sens. Le vent tombe en revanche complètement sur la fin. Nous pourrons donc aussi bien arriver en fin de nuit que mardi soir », pronostique-t-il alors.

Je crois que dans l’engagement, je ne me suis jamais autant implique physiquement, je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour m’en remettre.

 

Du près pour finir

 

Solide leader avec un peu plus de 150 milles d’avance sur Thomas Coville lundi matin, François Gabart, passe sous la barre des 500 milles de l’arrivée et attaque la dernière ligne droite de The Transat. Non forcément la plus facile puisque, après six jours de portant, il se doit de négocier une perturbation au près dans du vent fort et une mer formée ce qui laisse augurer de nombreuses bascules de vent. Le tout en surveillant à l’AIS le trafic maritime, important à l’approche des côtes américaines. « Je crois que dans l’engagement, je ne me suis jamais autant impliqué physiquement, je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour m’en remettre », confiera-t-il le lendemain. S’il semble le mieux parti pour l’emporter, le skipper du trimaran MACIF ne crie pas victoire, d’autant qu’il sait que le vent va peu à peu tomber au fur et à mesure qu’il se rapprochera de la ligne d’arrivée.

 

Mardi 11 mai, 00h24 : La délivrance !

 

Au terme d’une longue et épuisante dernière journée, débutée à près de 30 nœuds et terminée dans les petits airs de la Baie de New York, l’heure de la délivrance sonne enfin pour François Gabart qui coupe la ligne d’arrivée de The Transat en vainqueur, à 18H 24’ 39’’, heure locale (00H 24’ 39’’ le mercredi 11 mai heure française). Son temps de parcours est ainsi de 8 jours 8 heures 54 minutes et 39 secondes, à 23,11 nœuds de vitesse moyenne réelle, le trimaran MACIF ayant parcouru au total 4634 milles (en comparaison à la route directe de 3050 milles). Après la Transat BtoB en 2011, le Vendée Globe en 2012-2013, la Route du Rhum en 2014, la Transat Jacques Vabre en 2015, le skipper de MACIF, arrivé épuisé à New York, signe un grand chelem et entre un peu plus dans la légende de la course au large…