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Se faire du bien, malgré tout

Samedi, au matin du huitième jour de sa tentative contre le record du tour du monde en solitaire, François Gabart avait repris de la vitesse après un passage instable. Difficile dans ces circonstances de prendre soin de soi. C’est pourtant impératif alors que débute seulement son marathon à travers le globe.

 

 

Après sept jours de glissade plein sud, François Gabart arpente désormais l’autre moitié de la planète. A 24,6 nœuds de moyenne sur les 24 dernières heures, le skipper du trimaran MACIF est parvenu à juguler ses pertes au cours de la journée qui a suivi son franchissement de l’équateur. C’est vendredi matin, vers 6h50 (heure française), que François a basculé de l’autre côté du globe avec 3h35 de retard sur le temps de Thomas Coville lors de sa tentative victorieuse.

 

Ce premier temps de passage a une signification symbolique, mais pas seulement : c’est aussi à son analyse qu’un skipper peut choisir de poursuivre ou non sa tentative.
Pour le coup, François n’hésitera pas une seconde à continuer à tracer sa jolie trajectoire. La suite s’annonce en effet assez radieuse. Ce matin, le skipper charentais continuait sa route plein sud, le long des côtes du Brésil, à hauteur de Salvador de Bahia (coucou, la transat Jacques Vabre !). D’ici une grosse journée, il devrait rejoindre une dépression qui va gonfler progressivement puis dévaler vers l’Afrique du Sud. Pile la route du trimaran MACIF, dites donc ! Un augure réconfortant : « Nous allons chercher la dépression qui naît au Brésil et qui va descendre jusqu’au cap de Bonne-Espérance et, pour l’instant, ça se présente très, très bien ». Cette dépression devrait l’amener à croiser le premier des trois grands caps du tour du monde en 12 jours environ. Mieux que Thomas Coville, qui avait peiné sur le tronçon Ouessant-Bonne Espérance en 14 jours…

 

Ne pas s’oublier au cœur des journées…

Hier, le trimaran MACIF est passé au large de l’atoll das Rocas, joli petit coin paumé de l’Atlantique. La parole populaire veut que, lorsqu’on croise un atoll, on est aux petits soins. Et c’est bien une des préoccupations de François en ce début de course : ne pas (trop) taper dans le bateau, certes, mais aussi soigner le marin. Cela passe par quelques principes bien établis, mais souvent bousculés au fil du temps. Cela passe aussi par la gestion des « ennemis de circonstance ».

 

« Forcément, j’ai tapé dans le bonhomme, parce qu’il faut aller chercher un record qui a été positionné à 49 jours. Il faut se préserver afin d’être bon pendant 49 jours. Evidemment, on se met dans le rouge dès le début, mais il faut faire attention à ne pas dépasser la petite limite après laquelle on ne récupère pas bien ».

 

Ces derniers jours n’ont pas été les meilleurs en termes de récupération. Pas besoin de faire des tests sur un hippocampe d’élevage pour le savoir, il est avéré que vitesse, vents instables et mer légèrement formée ont une influence directe et négative sur le sommeil du marin. Surtout lorsque le trimaran, en appui sur un flotteur, file bon train : « Il faut trouver l’équilibre pour réussir à rester en appui sur la coque centrale, mais ce n’est pas si facile quand on va vite. Je n’arrive pas à rester sur la coque centrale tout le temps et je ne suis pas encore hyper à l’aise à l’idée de dormir comme ça. Ça commence à venir, il faudra de l’entraînement encore. Du coup, mon sommeil est lésé, malgré la fatigue. J’ai réussi quand même à faire quelques siestes ».
Prendre soin de soi, c’est aussi veiller à ne pas brusquer le corps quand les circonstances ne l’exigent pas. « Je fais attention à mes gestes, pour ne pas me blesser. Il y a des petites manœuvres que je fais moins rapidement qu’à l’entraînement. Je m’échauffe, j’y vais progressivement sur les manœuvres… »

 

La chaleur, ce phénomène

« C’est, raconte François, d’autant plus perturbant de se retrouver dans la chaleur qu’on est parti il y a 7 jours dans un froid d’automne. Cela demande de l’acclimatation, qui n’est pas rapide et, surtout, on ne peut rien faire contre la chaleur. Une fois que tu n’as plus rien sur le dos ! J’ai bien un ventilateur dans ma cabane, mais l’air brassé est toujours à plus de 30° C. Pour rester à peu près bien, je bois plus d’eau, et je ne fais rien chauffer. Si je me faisais cuire des pâtes sur mon petit réchaud, je pense que j’augmenterais la température de 5 degrés dans ma cabane… »
Et puis enfin, il faut savoir se prémunir des problèmes de pot. Non de peau ! Dans le pot. C’est encore François qui raconte : « Lors de mon premier passage dans le pot au noir, en 2012, je m’étais mis torse nu. Pas un rayon de soleil, il faisait gris, mais il faisait chaud… et j’y ai pris le pire coup de soleil de ma vie. J’étais brûlé. Je préfère vraiment avoir quelque chose contre la peau. Outre les coups de soleil, il faut protéger la peau des embruns, parce que le sel a la fâcheuse manie de s’immiscer dans les pores de la peau, surtout quand ils sont dilatés par la température. Surviennent alors des problèmes de peau, qui font vraiment mal ».

 

 

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