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Ligne à haute vitesse

Depuis 24 heures, François avance à plus de 31 nœuds de moyenne sur la route quasi idéale. Malgré deux heures et demie à petit trot, le temps de réparer une latte de grand-voile, le trimaran MACIF a englouti 758 milles. Et ça devrait encore monter dans les heures à venir.

 

Si tout se passe bien, si Bling et Bricole, les dieux de la mécanique, ne se mêlent pas de ce qui ne les regarde pas, et si Eole ne pousse pas un des petits caprices dont il est coutumier, François devrait très certainement se rapprocher du record de vitesse sur 24 heures qu’il détient depuis 2016. En dessous ? Au-dessus ? Ce sera la surprise du début de nuit. Un routage murmure que la barre des 800 milles pourrait être franchie…

 

Le trimaran MACIF a bel et bien sauté sur le toit du train de la dépression, hier, et file à vive allure vers les mers du sud dans des vents de nord-ouest de 25 nœuds environ. François et ses trois coques ont déjà atteint une latitude basse, aux alentours du 40° sud, histoire de raccourcir le fromage, la Terre étant bien moins large près de ses pôles qu’à l’Equateur. Depuis 24 heures, le chasseur de records avance à 31,1 nœuds de moyenne sur 24 heures. Il compte plus de 400 milles d’avance sur le tenant du record et tout frais vainqueur de la Transat Jacques Vabre – un grand bravo, Thomas et Jean-Luc ! Ça fonce. Ça cavale. Ça « jackpote ». Le cap de Bonne-Espérance pourrait être doublé jeudi matin en à peine plus de 12 jours, pas loin du record absolu réalisé par Loïck Peyron à bord du maxi-trimaran Banque-Populaire en 2011 (11 j 21 h).

 

C’est un effort, la latte

 

Route idéale, vents stables et porteurs, il aura fallu qu’une latte s’en mêle hier pour que naisse un problème sur cette trajectoire parfaite. Un problème ? Une problématique, pour François, dont un des points forts est d’avoir parfaitement intégré que ses aventures sont une somme d’aléas à traiter, sans émotion ni colère, mais avec sang-froid et méthode. Et c’est bien ce qui a épaté l’équipe technique, hier après-midi lorsqu’il a fallu réparer. C’est la troisième latte en partant du haut qui a cassé. Il a donc fallu affaler les deux-tiers de la voile pour réparer. François s’est enharnaché, puis il a sauté sur la bôme pour opérer sans anesthésie, mais avec une bonne petite dose de courage : les voiles d’avant étaient encore en place, permettant au bateau de continuer à avancer à 15 nœuds. Une latte, c’est une longue pièce de carbone qui se glisse dans un fourreau à l’horizontal dans une voile et qui se bloque dans un chariot situé près du mât. C’est là que le profil avait cassé.

 

Après un message à la terre pour solliciter de l’aide et une discussion à trois avec Antoine Gautier et les deux boat captains, Fred Bérat et Sébastien Gladu est née une procédure à appliquer. « A terre, nous avons le même outillage que François, pour pouvoir nous projeter sur ce dont François dispose, raconte Fred. Cela nous a permis de lui indiquer quels outils utiliser, l’un après l’autre, de manière quasi minutée, et aussi de lui dire que telle pièce, telle vis, était dans tel sac et dans telle poche. François n’avait plus qu’à suivre nos recommandations ».

 

 

Latte avant réparation (3ème latte en partant du haut de la voile) - ©François Gabart / Macif
Latte avant réparation (3ème latte en partant du haut de la voile) – ©François Gabart / Macif

Le mimétisme de la Terre

Le bricoleur du trimaran MACIF aura donc dû utiliser la meuleuse pour couper proprement la latte près du chariot ; libérer celui-ci du bout de latte qui était resté en place ; réinsérer la latte saine dans le chariot ; se propulser à l’autre extrémité de la grand-voile pour pousser la latte en place et tendre le tissu. La fonction essentielle d’une latte est en effet de rigidifier la grand-voile pour lui donner une forme et la rendre efficace dans le vent. Le tout a été fait en 2 heures 30 TTC, grand-voile hissée avec deux ris, puisque le vent forcissait, et une bonne dose d’efforts, parce que ce n’est pas rien de batailler avec des dizaines de kilos de tissu en tripatouillant un tube de carbone fait pour rester à sa place…

 

Le résultat ? Quasi parfait, assure Fred Bérat: « L’efficacité de la grand-voile, avec cette réparation, est de plus de 95%, au minimum. On avait proposé à François d’achever le travail en rallongeant la latte cassée, mais il a préféré repartir tout de suite et attendre des conditions plus calmes – vendredi matin – pour achever le travail. Mais s’il se rend compte que ça n’entache pas les performances de la grand-voile, ce n’est pas impossible que ça reste en l’état : le bout de latte qui manque n’est qu’un détail ». Ce mardi matin, entre 7 heures et 11 heures, François cavalait à 34,9 nœuds de moyenne. On peut estimer que ça doit aller…

 

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